Le cancer de la peau du nez regroupe principalement deux types de tumeurs : le carcinome basocellulaire et le carcinome épidermoïde cutané (cSCC). Cette localisation pose un double défi, car le nez combine une peau fine, des reliefs complexes et une exposition solaire permanente. Les options de prise en charge évoluent en 2026 avec de nouvelles recommandations chirurgicales, l’arrivée de traitements adjuvants et des techniques de reconstruction plus précises.
Chirurgie de Mohs et contrôle des marges sur le nez
Pour un carcinome situé sur le nez, la stratégie de première intention reste l’exérèse chirurgicale avec contrôle histologique des marges. Les recommandations européennes publiées en juillet 2026 confirment cette position : la chirurgie micrographiquement contrôlée (dite chirurgie de Mohs) est privilégiée lorsque la lésion touche une zone où chaque millimètre de tissu sain compte.
Le principe est simple. Le chirurgien retire la tumeur couche par couche, en examinant chaque couche au microscope avant de poursuivre. Ce contrôle en temps réel permet de retirer la totalité du carcinome tout en épargnant le maximum de peau saine autour.
Sur le nez, cette méthode présente un avantage direct : elle réduit la taille du défect post-opératoire. Moins de tissu retiré signifie une reconstruction plus simple et un résultat esthétique mieux préservé. Les recommandations européennes 2026 précisent que la radiothérapie n’intervient qu’en cas de tumeur non opérable ou lorsque l’exérèse complète est techniquement impossible.

Reconstruction nasale après exérèse d’un cancer cutané
La reconstruction du nez après ablation d’un cancer de la peau dépend de trois paramètres : la taille du défect, sa profondeur et les sous-unités nasales concernées (pointe, aile, dorsum, paroi latérale). Une revue publiée en 2026 détaille les options disponibles selon ces critères.
Lambeaux locaux pour les défects limités
Quand la perte de substance reste superficielle et de petite taille, les lambeaux locaux (rotation, avancement, transposition) suffisent. Le tissu est prélevé dans une zone adjacente, ce qui garantit une couleur et une texture proches de la peau du nez.
Lambeau frontal paramédian pour les pertes étendues
Pour les défects plus importants, notamment ceux qui traversent plusieurs sous-unités nasales ou atteignent le cartilage, le lambeau frontal paramédian reste la technique de référence. Le tissu est prélevé sur le front, avec son pédicule vasculaire, puis transféré sur le nez en deux temps opératoires.
Cette technique offre un volume de tissu suffisant pour reconstruire la pointe ou l’aile du nez, deux zones où la perte cartilagineuse complique la fermeture directe. Les lambeaux libres microchirurgicaux sont réservés aux situations les plus complexes, par exemple après une exérèse très large ou une récidive locale.
Cemiplimab en adjuvant : une option pour les carcinomes épidermoïdes à haut risque
La prise en charge du carcinome épidermoïde cutané du nez ne s’arrête plus à la chirurgie. Le cemiplimab, un anti-PD-1, dispose depuis août 2026 d’une approbation canadienne en traitement adjuvant, c’est-à-dire administré après chirurgie et radiothérapie pour les cSCC à haut risque de récidive.
Cette approbation marque un tournant. Jusqu’à présent, le cemiplimab était utilisé pour traiter les formes localement avancées ou métastatiques. Son utilisation en adjuvant cible un autre moment de la maladie : la prévention de la rechute chez des patients dont la tumeur a été retirée mais dont le profil histologique reste préoccupant.
Les recommandations européennes 2026 positionnent les anti-PD-1 au premier plan pour les carcinomes épidermoïdes cutanés non curables par chirurgie ou radiothérapie. Elles mentionnent aussi la nécessité d’une discussion en réunion de concertation pluridisciplinaire pour tout cas avancé ou complexe, ce qui inclut fréquemment les localisations nasales en raison des contraintes anatomiques.

Vaccin ARNm personnalisé et carcinomes du nez : où en est la recherche
Les résultats de phase III de l’essai clinique mené par Merck et Moderna, publiés en août 2026, concernent un vaccin thérapeutique à ARN messager contre le mélanome. Ce vaccin est conçu sur mesure pour chaque patient, à partir des mutations spécifiques de sa tumeur, et vise à réduire le risque de récidive après chirurgie.
Le mélanome du nez, bien que moins fréquent que les carcinomes, est une forme agressive qui bénéficierait directement de ce type d’approche. Le vaccin ne remplace pas la chirurgie mais complète le traitement pour limiter la rechute.
Pour les carcinomes basocellulaires et épidermoïdes, aucun vaccin comparable n’est disponible à ce stade. La recherche se concentre sur l’immunothérapie ciblée, dont le cemiplimab représente l’avancée la plus concrète en 2026.
Diagnostic et suivi : les critères qui orientent la prise en charge
Le choix entre les différentes options de traitement repose sur plusieurs éléments évalués au moment du diagnostic :
- Le type histologique de la tumeur (carcinome basocellulaire, carcinome épidermoïde, mélanome), qui détermine l’agressivité et le risque de métastases
- La taille et la profondeur de la lésion, mesurées par biopsie et imagerie si nécessaire, qui orientent la technique chirurgicale
- Les sous-unités nasales touchées (pointe, aile, dorsum), qui conditionnent la stratégie de reconstruction
- Le profil de risque du patient (antécédents d’exposition solaire, immunosuppression, récidive antérieure), qui peut justifier un traitement adjuvant
La prévention reste un pilier. L’exposition solaire chronique du nez, zone proéminente du visage, explique la fréquence élevée des cancers cutanés à cet endroit. Un suivi dermatologique régulier permet de détecter les lésions à un stade où la chirurgie de Mohs suffit, évitant les traitements lourds et les reconstructions complexes.
La prise en charge du cancer de la peau du nez en 2026 combine des techniques chirurgicales de plus en plus précises, des options d’immunothérapie adjuvante validées pour les formes à haut risque, et une recherche active sur les vaccins thérapeutiques personnalisés. Le facteur déterminant reste le stade au moment du diagnostic : plus la lésion est détectée tôt, plus les options restent simples et le résultat fonctionnel et esthétique préservé.
