Après 65 ans, le système immunitaire perd en réactivité face aux agents infectieux. Le calendrier vaccinal français prévoit des vaccins spécifiques pour cette tranche d’âge, mais tous n’offrent pas le même niveau de protection ni la même fréquence de rappel. Comparer les vaccins recommandés selon leur périodicité, leur cible et leur prise en charge permet de mieux arbitrer ses priorités en matière de santé.
Vaccins après 65 ans : tableau comparatif des recommandations en vigueur
| Vaccin | Maladie ciblée | Fréquence | Remarque |
|---|---|---|---|
| Grippe | Grippe saisonnière | Chaque automne | Vaccins à haute dose disponibles pour les seniors |
| COVID-19 | COVID-19 | Chaque automne (dose supplémentaire au printemps dès 80 ans) | Adapté aux variants circulants |
| Pneumocoque (VPC21 Capvaxive ou VPC20 Prevenar 20) | Infections invasives à pneumocoque | Dose unique | La HAS privilégie le VPC21 (Capvaxive) depuis 2026 |
| Zona | Zona et névralgies post-zostériennes | Schéma en deux doses | Recommandé dès 65 ans |
| DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite) | Diphtérie, tétanos, poliomyélite | Rappel à 65 ans, puis tous les 10 ans | Rappel souvent oublié |
Ce tableau résume les vaccins concernant la population générale des 65 ans et plus. Des recommandations supplémentaires existent pour les personnes atteintes de pathologies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, maladie respiratoire).
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Pneumocoque en 2026 : pourquoi la HAS privilégie Capvaxive
La stratégie vaccinale contre le pneumocoque a évolué en 2026. La Haute Autorité de Santé recommande désormais un recours préférentiel au vaccin VPC21 (Capvaxive) par rapport au Prevenar 20 (VPC20) pour toutes les personnes de 65 ans et plus.
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La raison tient à la couverture sérotypique. Le VPC21 couvre un spectre plus large des infections invasives à pneumocoque dans cette tranche d’âge. Le schéma reste simple : une dose unique suffit, sans rappel prévu dans les recommandations actuelles.
Pour les seniors déjà vaccinés avec le Prevenar 20, la HAS n’impose pas de revaccination systématique par le VPC21. En revanche, pour ceux qui n’ont jamais reçu de vaccin antipneumococcique, le Capvaxive devient le premier choix.
Grippe saisonnière : les vaccins à haute dose changent la donne pour les seniors
La vaccination antigrippale reste recommandée chaque automne pour les 65 ans et plus. Le point qui mérite attention concerne la nature du vaccin utilisé. Les vaccins antigrippaux à haute dose réduisent de 30 % le risque d’hospitalisation pour grippe par rapport aux vaccins à dose standard, selon les données disponibles.
Cette différence n’est pas anecdotique. L’hospitalisation pour grippe chez un senior s’accompagne souvent de complications en cascade : décompensation cardiaque, surinfection pulmonaire, perte d’autonomie prolongée.
Couverture vaccinale et obligation : ce que dit la HAS
La HAS a examiné la question d’une éventuelle obligation vaccinale antigrippale pour les personnes de 65 ans et plus vivant en collectivité (EHPAD, USLD). Sa conclusion : la vaccination reste recommandée sans devenir obligatoire pour les résidents. Les taux de couverture dans ces établissements sont jugés suffisamment élevés.
À l’inverse, la HAS recommande d’instaurer une obligation vaccinale contre la grippe pour les professionnels de santé et les personnels au contact de personnes âgées à risque. Ce choix vise à protéger indirectement les seniors par l’immunité de leur entourage soignant.
Zona et rappel DTP : deux vaccins souvent négligés après 65 ans
Le vaccin contre le zona fait partie des recommandations générales dès 65 ans, mais sa notoriété reste faible comparée à celle du vaccin antigrippal. Le zona provoque des douleurs neuropathiques qui peuvent persister plusieurs mois, parfois plusieurs années chez les seniors. Le schéma vaccinal comporte deux doses.
- Le zona touche plus fréquemment les personnes dont l’immunité cellulaire décline, ce qui correspond précisément au profil des plus de 65 ans.
- Les névralgies post-zostériennes constituent la complication la plus redoutée, avec un retentissement direct sur la qualité de vie et l’autonomie.
- Le vaccin recombinant actuellement recommandé offre une protection durable, nettement supérieure à celle de l’ancien vaccin vivant atténué.
Le rappel DTP (diphtérie, tétanos, poliomyélite) obéit à un rythme différent. Un rappel est prévu à 65 ans, puis tous les 10 ans sans limite d’âge. Ce rappel est souvent oublié parce qu’il ne fait pas l’objet de campagnes saisonnières comme la grippe ou le COVID-19.

COVID-19 après 65 ans : un calendrier vaccinal à deux vitesses
La vaccination contre le COVID-19 suit un rythme annuel pour les 65 ans et plus, avec une injection recommandée chaque automne. Pour les personnes de 80 ans et plus, une dose supplémentaire au printemps est prévue, ainsi que pour les résidents d’EHPAD.
Ce schéma à deux vitesses reflète la différence de vulnérabilité entre un senior de 65 ans actif et une personne de plus de 80 ans, souvent porteuse de plusieurs pathologies chroniques. Les vaccins sont adaptés aux variants circulants, ce qui justifie la répétition annuelle.
Situations particulières à signaler au médecin
Au-delà des recommandations générales, certaines situations modifient le calendrier vaccinal :
- Les personnes immunodéprimées (traitement immunosuppresseur, chimiothérapie) peuvent nécessiter des schémas renforcés ou des vaccins supplémentaires.
- Un voyage à l’étranger peut justifier des vaccinations additionnelles (hépatite A, fièvre typhoïde) selon la destination.
- Les personnes n’ayant jamais reçu certains vaccins de base (hépatite B, coqueluche) peuvent se voir proposer un rattrapage vaccinal adapté.
Le médecin traitant ou le pharmacien peut vérifier le carnet de vaccination et identifier les doses manquantes. Depuis 2026, les pharmaciens sont habilités à administrer la quasi-totalité des vaccins du calendrier vaccinal.
La donnée à retenir pour les seniors qui hésitent entre plusieurs vaccins : la grippe et le pneumocoque concentrent l’essentiel du risque d’hospitalisation évitable par la vaccination après 65 ans. Le choix du VPC21 (Capvaxive) pour le pneumocoque et d’un vaccin antigrippal à haute dose représente, selon les données actuelles, la combinaison la plus protectrice pour cette tranche d’âge.